Noflaye



Hmmm, Dakar...serais-je la seule du C.V.D. à ne point me lasser de la capitale?
Dakar...je suis toujours excitée d'y aller...et contente d'en revenir!!!!
Et puis, ç'est une journée sport (sans oublier le footing le long de la plage du CDV): prendre le bus est une véritable expédition, il s'agit d'abord de trouver l'arrêt...puis arriver à monter dans le bus (allez, on pousse, on pousse!!)...puis payer le ticket (l'argent circule de main en main vers le caissier...et la monnaie revient en sens inverse avec le ticket!!!)...et enfin, arriver à en descendre!!!! Nous n'avons pas encore essayer les cars rapides ou "mille kilos" ou "22 places"...
sans doute leurs surnoms de "s'en fout la mort" qui nous refroidissent!!
Mais ce sont les plus bariolés, les plus colorés...il va bien falloir qu'on essaye!!!!

Ensuite, arrivés à bon port, il faut oublier nos habitudes, tout oublier et se fondre dans la masse...bon, certes, c'est un peu difficile avec nos tronches de "toubab" (blanc)...mais on y arrive...ensuite écarquiller les yeux et les nariiiines, surtout les nariiiines...ah, les odeurs...c'est vraiment quelque chose...on ne parlera pas de la saleté...mais comment expliquer ce que je ressens...c'est un monde tellement différent du notre, on n'est jamais seul à Dakar!!!! Il faudrait prendre son temps, s'asseoir au coin d'une rue et regarder...vivre de l'intérieur cette gigantesque animation en perpétuel mouvement...
Enfin, vous l'aurez compris, Dakar, j'aime, voilà!!!





Mais le Sénégal ne se résume pas qu'à Dakar et si nous laissons pour plus tard les curiosités aux alentours de Dakar, nous partons à Noflaye rendre visite à une école pour le compte de l'association humanitaire "Aide et Action"...c'est mon chauffeur de taxi préféré qui nous y emmène et là, encore un choc...alors là, oui, nous touchons du doigt l'Afrique, la vraie...des maisons aux toits de paille surgissent ça et là, plus de route mais uniquement des chemins de sable...

Le village semble endormi et puis, au détour d'une ruelle, nous commençons à apercevoir les villageois, tous très souriants, nous sommes à une quarantaine de kilomètres de Dakar et pourtant, nous avons l'impression d'être à l'autre bout de la terre...Si nous nous rendons à Noflaye, c'est avant tout pour rencontrer Aissatou, une petite fille que ma mère a parrainé pendant une grande partie de sa scolarité par le biais de l'association. Le responsable d'Aide et Action ne savait pas trop si la petite serait là, j'ai juste une photo d'elle quand elle avait une petite dizaine d'années, elle en a 17 maintenant...



Le père d'Aissatou nous accueille avec un grand sourire et malgré le barrage de la langue, nous ressentons beaucoup d'émotion dans son regard...autour de moi, de la pauvreté matérielle mais aucune misère...mais ce quelque chose qui brille dans les yeux...et puis, elle est là, Aissatou arrive avec toute sa timidité, je lui montre le dossier que ma mère m'avait remis...elle se souvient...


Aissatou enfile sa plus belle robe pour m'accompagner à son ancienne école.
(elle a quitté l'école pour aider ses parents...19 enfants à nourrir tout de même!!!)

Nous visitons l'école (construite et financée par Aide et Action) de 6 classes (du cours d'initiation jusqu'au CM2) et je remets au directeur le sac de fournitures scolaires pour les enfants. Cette école est la deuxième du département en ce qui concerne le nombre d'enfants obtenant le certificat d'études et les instituteurs sont fiers de ces bons résultats...aujourd'hui, deux d'entre eux sont allés chercher leurs payes à Rufisque...la classe est donc surveillée par l'instituteur voisin...et puis à 11 heures, au coup de sifflet, les enfants rentrent chez eux manger un bout de pain et boire de l'eau...il parait que tout le monde reprend bien les cours jusqu'à 13 heures!!!!



La belle Aissatou!


A la sortie de 11 heures, c'est une nuée d'enfants qui nous accompagne dehors, puis le père d'Aissatou pose avec nous et une partie de sa progéniture!!! Nous apprécierons dans ce village tous ces gosses qui jamais ne nous ont demandé quoi que ce soit, ils sont simplement contents de se faire prendre en photo (et ça ne se refuse pas!!!) et de se voir dans la boite, mais aucun "bonbon" ou "stylo", rien, juste du plaisir...la vie de village sans les turpitudes de la grande ville!!!!


Sur le chemin du retour, on ne peut s'empêcher, de notre taxi, de vous faire découvrir l'animation perpétuelle des rues qui mènent à la capitale!!!! Je passerais des heures (au cours de plusieurs virées!!) à regarder, observer toute cette agitation mais le faire à pied, c'est encore mieux, sentir, vivre Dakar...




Ci-dessous, deux mondes qui se télescopent: le téléphone portable, la vieille Mercedes, et la charrue tirée par un cheval...les innombrables charrues qui transportent tout, absolument tout...il y aussi les petits porteurs qui tirent leurs charettes et se reposent de la chaleur sous les camions...il y a tout ce que nous ne pouvons pas prendre en photo par décence...mais je tiens à dire qu'à Dakar, à mon humble avis, il y a de la pauvreté mais pas de misère, très peu de mendicité à mes yeux...en tous cas, je m'attendais à pire que ça...il faut y arriver en laissant de côté tous nos "à priori" d'Occidentaux, il faut oublier le monde moderne, ne pas craindre les z'odeurs, ni la saleté: impossible de trouver une poubelle dans Dakar alors on fait comme tout le monde...on jette...on n'a pas le choix!!!!


Après cette bonne mise en jambe,
nous décidons de laisser un peu Dakar et d'aller prendre l'air en Casamance avec Jean-Paul, tout au sud du Sénégal!